• Alain Mihelic

Staline. Les Dénonciations

Dernière mise à jour : juin 19

Les dénonciations , (en un parallèle avec la petite terreur vécue par les féroces français sous le joug jupitérien)

Sur une idée de « Le Courrier de Russie », Anne Coldefy-Faucard.


Vers la fin des années 1928-30, l’URSS a pour programme et slogan de réaliser « l’avenir radieux », pour tous… enfin ceux qui s’en sortiront.

Cela passera par la liquidation de tous les symboles et structures et individus qui seraient susceptibles de contrecarrer un si beau projet. Toutes les « survivances du passé », ainsi que tous ceux qui risquent d’empêcher la naissance de l’homme nouveau, seront écartés. On trouve aisément des cibles, les « bourgeois », les paysans « riches » (les koulaks), les popes, les militaires ayant servi sous le tsar… La grande « révolution stalinienne » du début des années 1930, devient une véritable guerre contre tous ces ennemis de l’intérieur. Les arrestations, exécutions, les déportations massives se multiplient, avec une violence inouïe, ayant bien souvent pour origine une dénonciation.

Car la dénonciation est favorisée encouragée érigée en principe de loyauté au système.


L’hystérie et la névrose gagnent les gouvernants et graduellement le peuple. « Soyez vigilants, soyez sur vos gardes, l’ennemi est partout, au travail, en famille, il vous épie, vous espionne ». « vigilance !». « La vigilance est notre arme ».

Mise en garde contre les bavardages, contre les confidences, l’amitié n’existe plus, le risque est partout. Et cerise sur le gâteau : « signalez tout ce qui vous paraît suspect ».

Staline. Dénonciation. Bavarder c'est aider l'ennemi
"Bavarder c'est aider l'ennemi"

On imagine bien les cupides, les aigres, les surexcités, les sournois, les frustrés de tous poils se lancer dans ce nouvel eldorado : Votre contremaître au travail vous a fait une remarque un peu dure ? Impardonnable. Votre voisin de palier a un chien qui aboie, il vous faut une pièce de plus dans votre logement communautaire, votre père a prétendu vous expliquer la vie ? Dénoncez-les comme saboteurs ou espions, pas besoin de preuve ou de justification, votre problème sera vite réglé !


Les Vengeurs, les justiciers du dimanche avancent masqués.

Stengazeta, propagande
Ne Parle pas !

L’une des armes les plus efficaces pour la dénonciation anonyme : la stengazeta, le journal mural.


Ces journaux fleurissent de partout, dans les halls d’immeubles, dans les entrées d’appartements communautaires, dans les usines, bureaux, écoles, universités… Ils sont rédigés par les Cellules et les Jeunesses communistes. Ils sont supposés glorifier l’action du régime, et en parfaire la propagande.


Ils peuvent aussi informer et accessoirement permettent de favoriser l’expression de venins intimes, par les descriptions des petites anomalies du quotidien, les bogues de la production a l’usine, les confidences en famille, les déviances chez les voisins. Les responsables désignés nommément risquent la réprimande, le goulag, et même la mort.

Un gros travail est effectué au niveau des écoles, pour faire prendre conscience de l’importance qu’il y a, à dénoncer les ennemis du peuple.


Propagande, jeunesses Communistes
29 Octobre, Jour Anniversaire des Jeunesses Communistes

La peur et la méfiance sont instillées dans la société, elles sont inspirantes et motivantes, justifiantes. Elles gangrènent le tissu social, et s’installe l’envie, s’exprime la jalousie, se déclare la haine.


Tout cela s’est heureusement assoupi avec la fin de l’URSS.

URSS, Propagande du regime, anticapitalisme
La Vague Révolutionnaire contre le Capital

Évitez que ce slogan ne redevienne d'actualité !


Mais les bons réflexes resurgissent a la première occasion, et pas seulement ici, la mesquinerie est universelle, témoins ces soignants qui en France ont reçu des lettres anonymes, les menaçant et les exhortant a déménager et d’emporter avec eux la maladie, ou de ces dénonciations aux flics, concernant du voisinage ne respectant pas les règles de confinement. Merci les amendes pleuvent, et si ça ne vous soigne pas, ça sait comment vous guérir de vos velléités de liberté.


Dans le même ordre de démarche nauséeuse, juste une affaire d’échelle mais c’est le premier pas, la presse russe rapporte les accusations-dénonciations dont sont l’objet des personnes atteintes du coronavirus ou soupçonnées de l’être. Lancées sur les réseaux sociaux, ou émanant de gentils voisins attentionnés, ces attaques dégénèrent rapidement en véritables traques.

Le pire n’est jamais loin et la tyrannie a portée de fusil et de balles en caoutchouc toujours promptes à éborgner l’indiscipliné, il suffit qu’une majorité ferme sa gueule et les apprentis tortionnaires au pouvoir, le prennent pour un assentiment, s’appuyant sur une cohorte a képi, bien travaillée persuadée endoctrinée et servile à souhait.

En Ploutocratie, tous égaux sous les coups de matraque

Ho la ! Pas d’amalgame, sont pas tous demeurés, y'en à des conscients…. Ouaih, et ça c’est pas encore pire ?

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