Vladimir Vissotski, la voix rebelle de l’Union soviétique
- Alain Mihelic

- 13 oct. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 mai

La légende de la variété populaire Russe : Vladimir Vissotski.
Voici un trop court regard sur sa vie, son œuvre et ce qu’il représente toujours en Russie.
En Russie, certains artistes dépassent le simple statut de chanteur ou d’acteur. Vladimir Vissotski fait partie de ces figures devenues presque mythiques.
Poète, acteur, musicien et immense voix populaire de l’URSS, il a marqué plusieurs générations par ses chansons à la fois ironiques, brutales et profondément humaines.
Ses chansons passaient constamment :
du rire au désespoir,
de l’humour noir à la colère,
de l’ironie à une profonde mélancolie.
Plus de quarante ans après sa mort, Vissotski reste omniprésent dans la mémoire collective russe. Ses expressions sont entrées dans le langage courant et ses chansons continuent d’être reprises, citées et admirées.
Vladimir Vissotski, Une voix contre le système soviétique
La légende de la variété populaire, décédé en 1980, une dizaine d’années avant mon arrivée en Russie, mais sa notoriété, son aura, et la force émotionnelle ses textes, étaient et restent encore extrêmement vives dans les mémoires.
Les références aux mots, aux expressions singulières du poète, sont encore, aujourd'hui, dans toutes les conversations et sont passées dans le langage courant.

La Hargne et le Cri
Vladimir Vissotski, sa vie
Il pouvait, du-haut de deux accords de guitare, exprimer le ridicule et le tragique de la vie de ses concitoyens, avec rage au cœur, passant du désespoir au rire, d’une voix rauque, comme brisée.
Ses chansons âpres, tantôt humoristiques, tantôt mélancoliques, brossaient un portrait saisissant de la société, provoquant tour à tour le rire et les larmes.
Entre 1965 et 1972, malgré les interdictions, de nombreuses copies clandestines de ses chansons (appelées magnitizdat), circulaient, y compris au sein des élites soviétiques, partagées entre rejet et fascination pour ses œuvres parodiques.
Voir Article :" La Musique sur les Os"
Les autorités annulaient régulièrement ses concerts, prétextant d’hypothétiques maladies du chanteur, et celui-ci venait annoncer au public sur scène, en défi ouvert, les vraies raisons des annulations.
Le pouvoir a condamné le chanteur pour avoir semé et propagé les graines du mal dans l’esprit des gens, par ses chansons impertinentes, par l'alcoolisme, le vice et l'immoralité affichés.

Vladimir Vissotski, sa popularité
Sa popularité devient telle que les autorités finissent par l’accepter ou du moins le supporter, il est une gloire mondiale entre 1972 et 1979.
Il devient le lien entre l’ouest et l’est.
Vissotski devient une immense figure du Théâtre Taganka à Moscou. Il marque également le cinéma soviétique grâce à son rôle culte de Gleb Jiglov dans la série : « Il ne faut jamais changer le lieu d'un rendez-vous » (1979) (en russe : Место встречи изменить нельзя) est un téléfilm soviétique en cinq épisodes, réalisé par Stanislav Govoroukhine en 1979.

Vladimir Vissotski, sa fin brutale
Une vie à 200 à l’heure, dissolue, en permanence en marge, un gros travail constant d'acteur et de chanteur, le manque de sommeil, l'alcool et le tabac ainsi que les interdictions et la non-reconnaissance officielle, auront raison de lui, a 42 ans.
Il décède le 25 Juillet 1980, en pleine olympiade à Moscou.
Malgré la volonté des autorités soviétiques de limiter l’événement, une foule immense se rassemble spontanément pour lui rendre hommage.
Son enterrement devient l’un des plus grands rassemblements populaires non officiels de l’époque soviétique.
Il aura exercé une influence considérable sur de nombreux musiciens et acteurs populaires des années 1960-70.
Il y a du Brassens dans le style et dans l’ironie, et dans la richesse poétique des textes, mais avec en plus, une rage de lutter contre le carcan et prenant le vrai risque physique de se battre contre le système. Des textes ironiques et âpres, lâchés d'une voix rauque, cassée, impression de force et de lutte perpétuelle.

Le Service commémoratif au théâtre Taganka

La Foule gigantesque pour le dernier au revoir
Vissotski, maniait l’ironie avec une finesse incomparable tout en luttant, au péril de sa liberté, contre un système oppressif. Ses textes incisifs, portés par une voix unique, témoignent d'une force et d'une envie de lutter, inépuisables.
Son héritage perdure, continuant d’influencer les musiciens et artistes des générations d'aujourd'hui.
Vladimir Vissotski, extraits de ses chansons en français
Chanson « Le Vol Arrété », avec sous-titres en Russe et traduction en Français dans les commentaires.
Vissotsky chante en français : « La Fin du Bal », avec texte dans les commentaires
Vissotsky chante en français : « Plus Rien ne Va », avec texte dans les commentaires



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